Je suis né précédé. De 10 minutes. Je suis né à 2. Loin, à ma naissance, de toute solitude, une ligne de vie qui semblait réglée et marquée dans ma chair. Jamais je ne serais seul. Cette règle s'avéra vraie dès ma plus tendre enfance, je jouais parmi une ribambelle d'amis, j'faisais le con et j'faisais craquer les filles. Non, non je n'étais pas seul, loin de là. J'étais déjà à mon apogée, sans le savoir, un sommet de popularité que je ne saurais réatteindre. Une jeunesse dorée, l'insousciance dans son habit de lumière. Un moi surexposé. Je m'imposais parmi les autres, avec elle. Ma soeur.
Petit à petit l'ombre se fit grande. Sans que je sache l'expliquer. Son ombre à elle me recouvra bien vite. Je finis par fusionner avec elle, épousant ses amis, ses connaissances, je n'étais plus qu'un double d'elle. Fade et sans importance.
Puis vint le temps de la conscience, finit l'inconscience des jours heureux. Conscience que je n'étais rien sans elle mais qu'il me fallait partir. Un wanderlust tardif et nécessaire. Pour ne pas mourir étouffé. Je n'aurais cru à cet instant que rénoncer à elle c'était renoncer à moi aussi. Et dire que je n'étais plus rien. Les connaissances se firent brèves et furtives sur le long terme. Des compagnons d'infortune que je tardais peu à larguer au grès des flots. C'est finalement cette règle de vie qui s'acharna à chasser l'autre. Elle trouva un doux moyen pour s'insérer dans ma chair. Des coupures vives et rapides. Un sang qui s'écoule, doucement, renouvelant mon moi et me marquant à jamais. Je serais désormais seul. Elle est loin déjà, ma soeur. Je ne l'ai même pas entendue partir.
Petit à petit l'ombre se fit grande. Sans que je sache l'expliquer. Son ombre à elle me recouvra bien vite. Je finis par fusionner avec elle, épousant ses amis, ses connaissances, je n'étais plus qu'un double d'elle. Fade et sans importance.
Puis vint le temps de la conscience, finit l'inconscience des jours heureux. Conscience que je n'étais rien sans elle mais qu'il me fallait partir. Un wanderlust tardif et nécessaire. Pour ne pas mourir étouffé. Je n'aurais cru à cet instant que rénoncer à elle c'était renoncer à moi aussi. Et dire que je n'étais plus rien. Les connaissances se firent brèves et furtives sur le long terme. Des compagnons d'infortune que je tardais peu à larguer au grès des flots. C'est finalement cette règle de vie qui s'acharna à chasser l'autre. Elle trouva un doux moyen pour s'insérer dans ma chair. Des coupures vives et rapides. Un sang qui s'écoule, doucement, renouvelant mon moi et me marquant à jamais. Je serais désormais seul. Elle est loin déjà, ma soeur. Je ne l'ai même pas entendue partir.
Et passe le temps
tombe la sentence
de toute une vie
tombe la sentence
de toute une vie